Soyons honnêtes. La Cinquième Avenue, le long de Central Park, est plus huppée et possède son propre parc juste en face. Mais Park Avenue est plus large et offre au moins un semblant de verdure : ces îlots de circulation gazonnés qui bordent la chaussée. Elle possède également sa propre ligne de métro, construite au XIXe siècle à ciel ouvert, reliant Grand Central Station au reste du pays. À partir des années 1890, après le remblayage de la tranchée, toute cette portion d'avenue, de la 60e Rue à la 96e Rue, a rejoint Madison Avenue et la Cinquième Avenue pour former la Côte d'Or de Manhattan, quartier des riches industriels. Dans les années 1920, nombre des somptueuses demeures construites sur Park Avenue ont laissé place à d'immenses immeubles d'appartements aux allures de forteresses, conçus dans une variété vertigineuse de styles : roman, géorgien, Renaissance italienne, Art déco, parfois tous réunis dans un même bâtiment, invariablement gardés par un portier. Park Avenue possède même sa propre forteresse de briques : le 7e Régiment d'Armée. La plus ancienne monnaie du Nouveau Monde, et une partie des plus récentes aussi, se trouve dans cette rue.
Elle est toujours impeccablement coiffée et manucurée. Ses restaurants préférés sont Daniel et Vong. Vêtue d'une robe Valentino ou Carolina Herrera, un sac Hermès à la main, la dame de Park Avenue dégage une élégance irréprochable. Elle a toujours du goût. Et si elle n'est pas véritablement classique, d'une grâce et d'une majesté exaspérantes, elle en a l'allure, la démarche et le parfum.
Park Avenue, le parfum, est un mélange subtil, discret et doux, sans excès. Il associe des notes florales fraîches – narcisse, iris, rose – à la douceur apaisante de la camomille, à l'image d'une tasse de thé bien infusé. Son message ? Une élégance irréprochable.